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"Cinquantième anniversaire du traité de Rome - de nos succès historiques à la relance institutionnelle" - discours du Président de la Commission européenne Barroso

Summary: "Cinquantième anniversaire du traité de Rome - de nos succès historiques à la relance institutionnelle" - discours du Président de la Commission européenne Barroso (le 23 mars 2007: Rome)

José Manuel Durão Barroso, Président de la Commission européenne, "Cinquantième anniversaire du traité de Rome - de nos succès historiques à la relance institutionnelle", Comité des régions, session solennelle, Rome

Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Président du Comité des régions,
Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs,

La déclaration Schuman du 9 mai 1950 le disait déjà: "L'Europe ne se fera pas d'un seul coup". Rétrospectivement, cette phrase résonne comme une invitation à la patience: il faudra parcourir un long chemin! Rome ne s'est pas faite en un jour non plus! Et il en a fallu, en effet, de la détermination, des négociations, des chaises vides, des coups d'éclat, des crises, des avancées et de grandes ambitions, pour en arriver à ce 50e anniversaire!

Mais cette phrase peut aussi résonner comme une définition de ce qu'est l'Europe: une dynamique, par nature toujours en devenir et donc tournée vers l'avenir.

Le traumatisme de la guerre, l'anéantissement économique, le rideau de fer, les dictatures - nous venons de loin. Les progrès considérables qu'a permis la construction européenne ont été patiemment, mais sûrement, arrachés aux pesanteurs de l'histoire.

Et sans doute la réalité de l'Union européenne d'aujourd'hui dépasse-t-elle de loin le rêve lucide des Monnet, Schuman, Spaak, Adenauer et de Gasperi.

À partir d'un marché commun à six pays, nous avons rallié tout un continent à notre engagement en faveur de la démocratie et de l'État de droit.

Qu'avons-nous fait de nos cinquante ans?

Nous avons conquis la paix, la liberté et la justice, guidés par nos valeurs communes.

Nous avons reconstruit notre prospérité économique dans la justice sociale. Nous le devons à deux principes fondamentaux de la construction européenne: la cohésion économique et sociale et la solidarité régionale. De ce double point de vue, le mécanisme des fonds structurels, par exemple, a joué et continue de jouer un rôle essentiel.

Nous avons réussi nos élargissements successifs grâce au faisceau de solidarités qui nous soude. Aujourd'hui, nous devons continuer à aider les régions des nouveaux États membres selon les principes de cohésion et de solidarité, qui sont indispensables à la croissance économique.

Et, enfin, nous avons remporté le pari fou de faire de notre diversité culturelle et linguistique le moteur de notre projet de vie en commun.

Mais l'histoire n'est pas un long fleuve tranquille. Elle connaît aussi ses fractures et ses revers de fortune. Le "non" au traité constitutionnel en a été un. Ne le nions pas, il a porté un rude coup à l'Union.

Nous avons pris la mesure de ce message fort. Et nous avons choisi de lui apporter une réponse politique à la hauteur de l'événement: regagner la confiance des citoyens pour leur redonner confiance dans l'avenir. C'était tout l'objet de notre politique d'Europe des résultats. Je salue d'ailleurs le soutien sans faille et la contribution enthousiaste que les régions d'Europe nous apportent dans ce travail de reconquête.

Dans sa "Déclaration pour l'Europe", le Comité des régions appelle à jeter les bases d'un "contrat de confiance entre l'Union, ses différents niveaux de gouvernance et ses citoyens". À mes yeux, c'est une des clés essentielles de l'épanouissement de notre projet collectif.

Aux citoyens qui doutent parfois du bien-fondé et de l'efficacité de l'Europe, nous prouvons qu'en nous attaquant ensemble à nos défis communs et en déployant notre force de frappe coordonnée, nous influons réellement sur le cours des choses. Nous voulons donner aux Européens les armes pour pouvoir s'épanouir et réussir, individuellement et collectivement, dans un monde nouveau. Les résultats obtenus démontrent que nous avons investi dans les bons choix et les bonnes orientations.

L'Europe des résultats va désormais prendre en main notre sécurité énergétique et la protection du climat de la planète. Ce choix fondamental pour la maîtrise de notre avenir projette la société européenne dans une perspective de développement à long terme.

En donnant l'exemple d'une lutte résolue contre le changement climatique et en prenant les rênes d'un projet très ambitieux, l'Europe peut aussi être fière, je crois, de proposer à la communauté mondiale une nouvelle frontière à conquérir.

Aujourd'hui, l'Europe est assez solide pour affronter la révolution technologique et la mondialisation. Pour doper sa croissance économique. Pour assurer une solidarité politique. Pour faire face aux questions liées à sa sécurité. Et pour lancer les nouveaux chantiers indispensables du savoir, de la recherche et de l'innovation.

Notre ténacité et notre volonté, au cours des dernières années, ont fait tourner les vents. Ce retour à un climat plus favorable crée des conditions propices à une déclaration de Berlin ambitieuse.

Cette "profession de foi" européenne tracera un trait d'union entre les succès du passé et les défis de l'avenir. Les deux sont indissociables. À Berlin, nous réaffirmerons notre attachement aux valeurs de la construction européenne et fixerons le cap de notre projet au 21e siècle.

Mesdames et Messieurs,

Notre passé nous donne de l'énergie et de la force. L'avenir ne nous demande que de nous unir plus étroitement pour avoir la liberté d'en définir nous-mêmes la direction. La décision devant laquelle nous nous trouvons est celle des moyens d'agir. L'Europe ne peut pas naviguer avec des moyens du bord à l'évidence devenus insuffisants. Il lui faut un navire adapté pour 27 membres d'équipage et capable d'affronter, demain, toutes les conditions en mer.

Nous partageons, nous tous ici présents, la même volonté de construire une Europe politique. Plus démocratique. Plus transparente. Plus efficace. Plus ambitieuse. Je suis convaincu que nous parviendrons à faire émerger un consensus. Parce que l'Europe ne s'est jamais contentée très longtemps de gérer les affaires courantes. Elle a toujours voulu regarder l'avenir en grand.

Pour aborder cet avenir avec confiance, nous devons prouver aux Européens que nous sommes prêts à investir un capital politique dans la construction européenne. 2007 sera pour les États membres l'année d'un renouvellement de leur engagement dans le projet européen.

Soyez, vous acteurs régionaux et locaux, les passeurs de ce message auprès des citoyens, dont vous êtes proches: les cinquante ans de progrès du passé sont la meilleure raison de croire dans les progrès des cinquante ans à venir.

Alors avançons ensemble. Engageons la réforme de nos institutions. Regardons devant nous avec confiance. Continuons à faire rayonner nos valeurs. Favorisons la paix et la stabilité dans notre voisinage et au-delà. L'Europe a un message à adresser au monde, peut-être celui d'un exemple de volonté politique, conscient de son passé et toujours assoiffé d'avenir.

Mesdames et Messieurs,

Il y a cinquante ans, l'Europe a dit "non" au cours tout tracé de l'histoire - la division. Je suis convaincu que cinquante ans plus tard, elle redira "oui" à la maîtrise de son avenir - l'union.

Merci.

  • Ref: SP07-133FR
  • EU source: European Commission
  • UN forum: 
  • Date: 23/3/2007


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