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EU in the USA - delegation to Washington, DC

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Déclaration de la Présidence de l'UE sur la situation en Bosnie-Herzegovie

Summary: 12 decembre 2000: Intervention de M. Jean-David Levitte, Répresentant permanent de la France au nom de l'Union européenne. La situation en Bosnie-Herzegovie (New York)

Je voudrais souhaiter la bienvenue au sénateur Biden que je suis heureux, avec tous les membres de ce Conseil, de retrouver autour de cette table. Monsieur le sénateur, bienvenue au Conseil de sécurité. Vous êtes au sein d'une organisation qui va mieux. Nous avons un Secrétaire général dont chacun salue la réussite exceptionnelle. Nous avons eu un sommet du Millénaire qui nous a tracé la voie pour demain. Nous avons des réformes en cours et vous avez évoqué, monsieur le sénateur, la réforme proposée par le groupe Brahimi. Cette réforme est importante si nous voulons que les opérations de maintien de la paix soient des réussites. Et pour cela, il nous faudra un peu d'argent, c'est-à-dire une augmentation du budget des Nations unies.

Monsieur le sénateur, nous saluons l'engagement et la générosité des Etats-Unis et j'ai bien noté le chiffre que vous avez avancé de trois milliards de dollars pour l'an prochain. Il faut que vous sachiez, monsieur le sénateur, que d'autres sont généreux, et les pays de l'Union européenne qui, à quinze, pèsent, comme les Etats-Unis, à peu près vingt-neuf pour cent du PNB mondial, donneront l'an prochain 4,5 milliards de dollars aux Nations unies, soit un milliard de plus que les Etats-Unis. Monsieur le sénateur, tous les pays de l'Union européenne souhaitent un accord, et un bon accord, sur les deux budgets des Nations unies. Nous abordons cette négociation avec un esprit constructif, avec la conviction qu'un accord est possible la semaine prochaine si, de part et d'autre de la table, chacun fait preuve de flexibilité.

Monsieur le président, je m'adresse maintenant à M. Jacques Klein et j'ai l'honneur de prendre la parole au nom de l'Union européenne. Les pays d'Europe Centrale et Orientale associés à l'Union européenne (Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République Tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie), ainsi que Chypre et Malte (pays également associés), se rallient à cette déclaration.

Permettez-moi tout d'abord de remercier M. Jacques Klein pour son exposé, qui a été comme toujours remarquablement précis, structuré et riche en réflexions édifiantes pour l'avenir. Il a très utilement complété les observations faites par le Secrétaire Général dans son rapport.

Le représentant spécial du Secrétaire Général nous a clairement démontré, s'il en était besoin, à quel point le soutien actif de la communauté internationale est crucial pour la consolidation de l'Etat de droit, le développement de la "bonne gouvernance" et le renforcement de la stabilité en Europe du Sud-Est.

C'est dans cet esprit que l'Union européenne, depuis dix ans, apporte une aide massive aux pays de la région des Balkans. Entre 1991 et 1999, si l'on additionne l'aide au développement, les financements budgétaires et l'aide humanitaire, ce sont plus de 15 milliards de dollars qui ont ont été alloués par l'Union européenne et ses Etats membres. Ce chiffre représente plus de 65% du total des sommes accordées par la communauté internationale à l'Europe du Sud-Est. Par comparaison, la contribution du premier bailleur de fonds non membre de l'Union européenne représente moins de 3,5% du total. Cette différence est d'ailleurs tout à fait normale. Il est normal que les pays de l'union européenne acceptent de prendre l'essentiel du fardeau pour un dossier qui les concerne au premier chef.

Les Etats membres de l'Union européenne ont également accueilli sur leur territoire des centaines de milliers de réfugiés chassés de leurs pays par les conflits dans les Balkans. Des montants très importants ont été nécessaires pour assurer cette hospitalité.

S'agissant des effectifs militaires déployés sur le terrain, les Etats membres de l'Union européenne fournissent 60% des troupes engagées dans la SFOR en Bosnie-Herzégovine et 63% de celles qui font partie de la KFOR au Kossovo. Toujours à titre de comparaison, hors Union européenne, les effectifs fournis par l'Etat dont la contribution est la plus élevée représentent respectivement 21% et 17% du total.

En ce qui concerne la police civile, l'Union européenne s'est fixée pour objectif de pouvoir déployer, à l'échéance de 2003, jusqu'à 5.000 policiers dans des opérations de paix dans le monde. A ce stade, pour la seule Bosnie-Herzégovine, comme il est indiqué dans le rapport du Secrétaire Général que nous examinons aujourd'hui, 625 des 1776 membres du groupe international de police de la MINUBH sont des ressortissants de l'Union européenne. Ce nombre équivaut à plus de 3 % des membres de ce groupe.

Sur le plan politique, l'Union européenne a réaffirmé ses engagements à l'égard de l'Europe du Sud-Est le 24 novembre, lors du sommet de Zagreb. La déclaration finale de ce sommet, qui a été distribuée comme document officiel du Conseil de sécurité, réaffirme la perspective européenne des pays de la région qui participent au processus de stabilisation et d'association lancé par l'Union. C'est le cas, notamment, de la Bosnie-Herzégovine. Celle-ci devra procéder aux ajustements nécessaires pour tirer parti de toutes les possibilités offertes par ce processus de stabilisation et d'association.

Il est clair, en effet, que l'aide apportée par la communauté internationale à la cause de la paix ne peut pas, à elle seule, résoudre tous les problèmes. Les nationalistes extrémistes ont intérêt à entretenir les populations dans des peurs obsidionales et à les enfermer dans des divisions ethniques. Le joug de ces hommes du passé doit donc être secoué. Au cours de cette année, par la voie des urnes, les peuples des Balkans ont considérablement progressé dans cette voie.

En Bosnie-Herzégovine, les effets des changements démocratiques dans la région seront positifs, même si, dans l'immédiat, les partis multi-ethniques n'ont pas réalisé la percée attendue aux dernières élections générales. Toutefois, dans ce pays, beaucoup d'efforts et de détermination seront encore nécessaire, de la part de la communauté internationale, avant que les résultats escomptés puissent être atteints.

Dans son domaine, la MINUBH apporte une excellente contribution à cette entreprise de longue haleine. La mission des Nations Unies dispose d'un mandat adapté. Sous la conduite du Représentant spécial du Secrétaire Général, elle travaille de façon efficace, en se conformant à des orientations très claires qui ont été préalablement identifiées. Je souhaite saluer ici son action, qui donne toute satisfaction.

Au sein de la MINUBH, le groupe international de police joue un rôle essentiel et s'en acquitte très bien. Il a d'abord la responsabilité de conseiller la police locale, de développer la coopération de la police bosnienne avec le système judiciaire et d'accompagner sa transformation en une structure pleinement respectueuse des valeurs démocratiques. Cette mission est déterminante. Elle contribue à la stabilisation de la situation en Bosnie-Herzégovine dans son ensemble. La confiance que les citoyens bosniens pourront placer dans les institutions de leur pays dépendra en grande partie de son succès. Il faudra donc veiller à ce que cette tâche puisse être poursuivie, sans solution de continuité, jusqu'à son terme.

Un autre aspect important, en matière de police, est le renforcement du service de police des frontières. Le rapport du Secrétaire Général décrit de manière éclairante la progression inquiétante des trafics d'êtres humains et des activités criminelles de toutes sortes en Bosnie-Herzégovine. Il ne faut pas baisser les bras face à cette situation inacceptable. Des mesures résolues sont attendues, de la part des autorités bosniennes, afin qu'il y soit mis un terme. Notamment, la présence d'unités du service des frontières ne devrait pas être limitée à seulement quatre points d'entrée dans le pays. En outre, les opérations ciblées contre les réseaux mafieux et les foyers répertoriés d'activités criminelles devraient être intensifiées.

D'importantes réalisations ont été accomplies en Bosnie-Herzégovine. Mais nous savons aussi que des défis considérables subsistent. Jour après jour, M. Jacques Klein et tout le personnel de la MINUBH oeuvrent obstinément, dans l'accomplissement de leur mandat, pour que ces défis puissent finalement être relevés. Je voudrais leur renouveler les encouragements et le soutien de l'Union européenne unanime dans la poursuite de leur mission.

  • Ref: PRES00-309FR
  • EU source: EU Presidency
  • UN forum: Security Council
  • Date: 12/12/2000


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