
Summary: 3 octobre 2000 : Déclaration de la présidence française au 160me Conseil exécutif
Madame la Présidente,
J'ai l'honneur de prendre la parole, au nom de l'Union Européenne, dont la France assure la présidence durant ce semestre. Cette pratique que l'Union Européenne développe dans les organismes internationaux constitue un exercice permanent de réflexion en commun, afin d'obtenir le meilleur et le plus large consensus possible au moment d' exprimer notre position. Dans ce même esprit, notre message s' adresse à tous le~ groupes régionaux, dans un souci d' ouverture et de dialogue constants avec
tous les Etats membres de l'UNESCO, et plus particulièrement, aujourd'hui, avec les membres du Conseil Exécutif.
Madame la Présidente,
Il y a un an, l'Union Européenne a présenté un document sur la réforme de l'UNESCO ; ce document évoquait, en particulier, le recentrage du programme, la restructuration et la revalorisation du Secrétariat, ainsi que la révision de la politique de décentralisation.
Les Quinze partenaires de l'Union se félicitent de ce que la politique engagée par le Directeur Général, dès le début de son mandat, va dans le sens que nous avons proposé. Nous saluons les décisions déjà prises par le Directeur Général relatives à la suppression des structures parallèles du Secrétariat et à la réduction des postes de haut niveau. Aujourd'hui, nous attendons le résultat du réexamen de toutes les décisions prises à ce- sujet lors du dernier biennium -comme cela a, été demandé
par la Conférence Générale. Nous regrettons que, à ce stade de l'élaboration des futurs C/4 et C/5, aucun sous-directeur général de programme n'ait été nommé.
Un changement du système de fonctionnement et de la culture de gestion de l'Organisation est indispensable eu égard à l'opinion justifiée du Commissaire aux comptes, qui a relevé, dans son rapport, des irrégularités sans précédent dans tout le système des Nations Unies.
La réforme du contrôle interne proposée par le Directeur Général, est fortement souhaitable. Nous pensons que l'application de certaines !recommandations du corps commun des inspecteurs des Nations Unies, en particulier celles qui concernent l'évaluation, ainsi que de l'Institut des Auditeurs internes, est nécessaire. Les Etats membres devront naturellement être associés à l'exercice de ce contrôle interne.
Madame la Présidente, les deux dossiers de réformes qui restent à traiter sont la politique de la décentralisation et la concentration des programmes. Ce sont les deux sujets les plus importants du Conseil qui vient de s'ouvrir .
S'agissant de la décentralisation, nous souhaitons une mise en oeuvre rapide de la réforme entreprise. L'application de la décision 83 de la dernière Conférence Générale sur la décentralisation permettra d'améliorer l'efficacité des programmes de l'Organisation dans les Etats membres concernés. Le Directeur Général est mandaté pour réviser et restructurer la présence de l'UNESCO en dehors du siège. C'est à lui de faire preuve d'autorité pour prendre et assumer la responsabilité des changements
nécessaires, qui ne sont pas toujours, nous en sommes conscients, faciles.
Quant aux coûts de la réforme dans son ensemble, nous estimons qu'il est prématuré d'en r- .cc décider dès maintenant. Il convient à ce stade de prendre soigneusement note des propositions préliminaires du Directeur Général sur le budget 2002/2003 et d'en faire un examen détaillé. Il serait naturellement souhaitable de connaître, de façon précise, les conséquences pratiques de ces propositions sur la contribution-des Etats membres. Nous rappelons, dans ce contexte, qu'il nous paraît important
de poursuivre l'étude de l'impact qu'aurait l'introduction de l'Euro à l'UNESCO.
Madame la Présidente,
En ce qui concerne la concentration des programmes, il est clair que l'élaboration des prochains C/4 et C/5 constitue un moment décisif de la réforme de l'Organisation. L'Union Européenne est en faveur d'un C/4 beaucoup plus succinct et concret que le précédent Elle est également favorable à l'introduction d'une planification à horizon glissant. Nous estimons que notre Organisation doit agir avec la 'plus grande rigueur au moment de définir ses responsabilités sur la scène internationale. C'est
pourquoi la détermination des objectifs doit être accompagnée d'une identification des résultats attendus, et inclure leur évaluation.
La concentration entraîne la définition de domaines d'action prioritaires et l'abandon, en conséquence, de certains programmes. Ces priorités, recentrées sur les domaines de compétence de l'UNESCO, doivent être mises en oeuvre en synergie avec les autres organisations du système des Nations Unies. Nous demandons au Directeur Général de procéder à un examen de la répartition des tâches avec les autres organisations internationales afin d'aboutir à des accords concrets.
Le développement durable et la lutte contre la pauvreté, en partenariat avec les pays concernés, figurent au nombre de nos principaux objectifs, à travers l'ensemble des programmes de l'UNESCO, de même que la satisfaction prioritaire des besoins urgents des groupes marginalisés et des exclus.
Le suivi de Dakar sera déterminant pour l'affirmation du rôle de chef de file de l'UNESCO dans le domaine de l'éducation de base. C'est à juste titre qu'il constitue la priorité principale dans le secteur de l'éducation.
En ce qui concerne les sciences environnementales, l'affirmation de nouvelles priorités, telles que 1a gestion des ressources en eau, ne doit pas se faire au détriment de programmes dans lesquels l'UNESCO a acquis une compétence reconnue. Ainsi, le budget de la Commission Océanographique Intergouvernementale. devrait être restauré.
Pour l'Union Européenne, la promotion de l'universalité, la protection de la diversité et l'affirmation du pluralisme culturel et linguistique ainsi que l'accès de tous à la connaissance doivent se refléter dans les actions prioritaires. Ainsi, dans le domaine de la culture, l'UNESCO s'est construit une compétence incontestée. Cette compétence doit être renforcée, s'agissant notamment du patrimoine matériel. De nouveaux champs d'action, par exemple le patrimoine oral et immatériel, mériteraient
d'être mieux définis avant que l'on puisse leur donner une plus grande priorité dans l'allocation de ressources.
Une vision stratégique globale de la mondialisation doit être aménagée au service de l'homme. Face au risque que la fracture numérique se creuse à l'échelle de la planète et à l'intérieur des Etats - membres, l'UNESCO doit rapidement définir, en relation avec les autres organisations multilatérales concernées, une stratégie en vue de développer l'accès universel au cyberespace. Dans ce cadre, il importe que notre Organisation prenne en compte, des main tenant, le développement des nouvelles
technologIes d'information et de communication, dans l'ensemble de ses secteurs de compétence, et en fasse - application, en particulier à travers le programme d'Information pour Tous.
Nous souhaiterions que les propositions préliminaires concernant le C/4 et le C/5 accordent une place plus significative à l'Institut de l'UNESCO pour les statistiques, récemment créé, qui doit être au service de tous les secteurs de l'Organisation. La collecte d'informations statistiques représente en effet une fonction essentielle pour les programmes et pour leur évaluation.
En ce qui concerne les ressources extra-budgétaires, l'UNESCO doit améliorer la cohérence entre les activités extra-budgétaires et les objectifs globaux du programme. Jusqu'à présent, il y a eu un grand décalage entre les programmes du budget régulier et les activités financées par des moyens extra- budgétaires. L'UNESCO doit améliorer la coordination intra sectorielle pour identifier les projets significatifs susceptibles d'attirer le soutien des grands donateurs. La définition de la stratégie
à moyen terme, et celle du programme et budget offrent une occasion importante pouf réussir dans cette voie.
Madame la Présidente, ces propositions de l'Union européenne nous semblent de nature à renforcer l'efficacité, la crédibilité et la visibilité de l'Organisation. Nous souhaitons les voir reflétées dans les travaux du Comité de rédaction.
| Top |